dimanche 18 mars 2018

L'essor des voitures électriques impacte toute la chaîne de production

Cet article a été commandé et publié par JEC Composites Group

L'ARCFOX-1, modèle tout électrique du constructeur chinois BAIC,
cible les hipsters chinois des grandes villes 

    Pékin prévoit que la Chine sera en mesure de produire deux millions de véhicules électriques et hybrides par an d'ici 2020. Pour atteindre cet objectif et répondre à une demande en plein essor, les constructeurs automobiles locaux et étrangers accélèrent les cadences. L'intérêt grandit pour les matériaux légers tels que la fibre de carbone et les fabricants locaux de pièces automobiles sont sur les rangs.

    La Chine a pris un rôle de premier plan dans la production et la demande de véhicules électriques (EV). Selon l'Association chinoise des constructeurs d'automobiles (CAAM), la production et les ventes de véhicules à énergies nouvelles ont atteint respectivement 517 000 et 490 000 unités de janvier à octobre 2017, en croissance de 45,7% et de 45,4% par rapport à la même période de l’année précédente. Quant aux production et ventes de véhicules électriques purs, elles se sont respectivement élevées à 427 000 et 402 000 unités, après une hausse annuelle de 54,7% et de 55,9%.

Les Chinois ont dépassé les estimations tant en termes d’offre que demande. Du côté de l'offre, le gouvernement chinois en a fait une priorité afin de mettre en oeuvre des conditions favorables aux acteurs des EV, y compris les investisseurs.

Pour s’assurer un leadership mondial qui lui a échappé dans l’industrie automobile traditionnelle, le gouvernement chinois a inclus un soutien spécifique dédié aux voitures électriques dans le cadre de son plan "Made in China 2025", qui vise à encourager le développement et la montée en gamme des industries de pointe. D'ici 2020, Pékin s'attend à ce que ses fabricants automobiles soient en mesure de générer deux millions de véhicules électriques et hybrides par an, soit six fois le nombre produit en 2015.

En septembre 2017, le vice-ministre chinois de l'industrie et des technologies de l'information, Xin Guobin, a déclaré que le pays avait un calendrier précis visant à mettre fin à la production et à la vente de véhicules roulant aux carburants fossiles, remodelant potentiellement de façon magistrale le marché mondial de l'automobile en faveur des véhicules électriques.

Les fournisseurs de pièces automobiles du pays ont également offert un coup de pouce. Une étude du cabinet McKinsey datant de juillet 2017 sur les véhicules électriques révèle que la chaîne d'approvisionnement en EV de la Chine est supérieure à celle des États-Unis.

Pionniers dans la fibre de carbone


Une cérémonie d’inauguration a eu lieu le 6 novembre 2017 à Changzhou, une ville chinoise située dans la province orientale du Jiangsu, pour lancer un « projet de production de pièces et de carrosseries en fibre de carbone pour véhicules à nouvelles énergies. » Le groupe KDX, le fabricant automobile chinois BAIC ainsi que le Changzhou Hi-Tech Group ont investi conjointement CNY 12 milliards (€ 1,54 milliard) pour financer le projet, divisé en trois phases. La première débutera en juin 2019 avec la mise en service de l’usine, et à terme, 6 millions de pièces devraient être produites chaque année.

Zhong Yu, président du groupe KDX, a rappelé qu'en 2014, sa visite en Allemagne a donné le coup d’envoi à un partenariat sino-allemand novateur visant à la mise en place d’une plate-forme écologique dédiée à l’allègement par la fibre de carbone. « Le 1er juin 2017, lors de la visite du premier ministre Li Keqiang en Allemagne, j'ai informé les deux premiers ministres des réalisations fructueuses des trois dernières années avec le succès de cette plate-forme », a déclaré Zhong Yu.

La plate-forme écologique comprend également l'usine ZAX de fabrication de pièces et de carrosseries automobiles en fibre de carbone, située à Langfang, dans la province chinoise du Hebei. Selon Zhong Yu, « moyennant un investissement total de CNY 3 milliards (€ 380 millions), l'usine produira annuellement 50.000 carrosseries en fibre de carbone et 1,5 million de pièces en fibre de carbone pour véhicules à énergies nouvelles utilisant des technologies type HP-RTM, surface RTM, wet pressing, C-SMC et PCM. »

« Notre plate-forme écologique dédiée à l’allègement par la fibre de carbone a été reconnue par les principaux fabricants mondiaux. BMW, Audi, Mercedes-Benz, BAIC, NIO, Volvo, SAIC, Dongfeng, Guangzhou Automobile, Chang'an, Geely et 57 autres constructeurs automobiles sont disposés à élargir leur coopération pour promouvoir conjointement l’essor des véhicules légers à énergies nouvelles », a affirmé Zhong Yu.

Autour de Changzhou, la région du delta du fleuve Yangtze est devenue une base majeure de production dédiée aux véhicules chinois à énergies nouvelles. Selon des statistiques incomplètes, parmi les 30 villes formant l'agglomération urbaine du delta du fleuve Yangtze, 14 villes ont déjà effectué ou envisagent la mise en œuvre d’un projet de véhicules à énergies nouvelles, et il existe actuellement 20 projets de véhicules à énergies nouvelles en cours. En termes de prévision, la capacité cumulée atteint 2,8 millions véhicules et l'investissement total est de CNY 71,5 milliards (€ 9,15 milliards), selon le groupe KDX.

Se positionnant à la pointe de l’industrie chinoise en termes de véhicules à nouvelles énergies, BAIC Motor collabore avec le groupe KDX dans le nouveau secteur des pièces légères en fibre de carbone. Zhang Xiyong, directeur général du groupe, a déclaré que « BAIC Motor est entièrement engagé dans le développement de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles et a maintenant élargi la gamme opérationnelle de 200 à 400 km, répondant parfaitement aux différentes attentes des consommateurs. Au cours du treizième plan quinquennal (2016-2020), le plan BAIC New Energy a pour objectif de réaliser des ventes annuelles de 500 000 véhicules et un bénéfice d'exploitation annuel de CNY 60 milliards (€ 7,68 milliards). Le faible poids de la fibre de carbone est essentiel à l’essor des véhicules à énergies nouvelles. BAIC Motor et KDX Group sont déjà ’de vieux amis’ en termes de coopération stratégique liée à la fibre de carbone. »

Pour l’ARCFOX-1, la voiture totalement électrique de BAIC destinée aux jeunes hipsters vivant dans les grandes villes, le groupe KDX a conçu et développé la première structure de carrosserie supérieure moulée intégralement en fibre de carbone. De plus, avec son capot avant en fibre de carbone, le SUV BJ80 a été l'un des premiers à proposer sur le marché domestique un volume élevé de pièces automobiles légères en fibres de carbone.

De son côté, Koller Group, le spécialiste allemand de pièces automobiles légères, qui vient d'être acquis par le groupe chinois Fosun, suit la tendance car il a annoncé qu'il comptait renforcer sa position sur le marché européen et explorer de nouveaux sites de production et des opportunités d'expansion en Chine.

Différentes stratégies pour les constructeurs automobiles étrangers


À partir de 2019, tous les constructeurs automobiles en Chine seront soumis à des quotas de vente ambitieux de "véhicules propres", déterminés selon un système complexe de crédits. Galvanisés par cette échéance, les constructeurs automobiles occidentaux se sont hâtés de forger de nouveaux partenariats avec des groupes chinois – une obligation réglementaire – pour accélérer leur production de véhicules électriques dans le pays.

Volkswagen, le premier constructeur automobile étranger en Chine avec des ventes de 3,98 millions d’unités l'année dernière, en hausse de 12%, a annoncé son plan stratégique de livrer 1,5 million de véhicules à énergies nouvelles d'ici 2025 et de lancer 15 véhicules à énergies nouvelles produits localement dans les 2-3 prochaines années. Pour atteindre cet objectif, le fabricant allemand a signé une joint-venture avec un partenaire local, JAC, en complément de ses autres joint-ventures de long terme SAIC Volkswagen et FAW-Volkswagen.

En juillet 2017, Daimler et son partenaire chinois en joint-venture, le groupe BAIC, ont convenu d'investir conjointement CNY 5 milliards (€ 640 millions) dans la production de véhicules électriques en Chine d'ici 2020 et de fournir l'infrastructure nécessaire. Un mois plus tôt, Daimler et BAIC avaient signé un accord-cadre pour moderniser leurs unités de production au sein de BBAC – leur joint-venture Beijing Benz Automotive Co., Ltd. (BBAC) – visant à la production de véhicules à énergies nouvelles vendus sous la marque Mercedes-Benz.

Depuis 2012, Daimler a établi un partenariat avec BYD, le premier fabricant chinois de voitures électriques avec 22% du marché, pour produire et vendre des véhicules électriques sous la marque Denza.

En août 2017, Renault-Nissan et son partenaire de longue date Dongfeng ont créé une joint-venture pour développer un modèle électrique basé sur le petit SUV développé par le groupe franco-japonais. Baptisée eGT New Energy Automotive Co., la coentreprise produira les véhicules électriques dans une usine de Shiyan, dans la province du Hubei.

En novembre 2017, Ford Motor Company et Zotye ont conclu un accord définitif pour le lancement de Zotye Ford Automobile Co., Ltd., une joint-venture qui prévoit le lancement d’une gamme de véhicules totalement électriques sous une marque locale. La nouvelle entité mettra à profit un investissement combiné de CNY 5 milliards (€ 640 millions) - une usine de fabrication sera construite à cet effet dans la province du Zhejiang.

Étant détenu par le constructeur chinois Geely, Volvo peut produire et vendre des véhicules en Chine sans devoir suivre les règles applicables aux compagnies étrangères. La société a commencé à produire sous la marque Polestar ses voitures électriques à haute performance - dont les principales parties de la carrosserie sont en fibre de carbone - au sein d’une nouvelle usine en Chine, le Polestar Production Centre situé à Chengdu, dans la province du Sichuan.

Tesla, la première marque étrangère de voitures électriques en Chine avec 13 700 véhicules électriques vendus entre janvier et septembre 2017, soit plus de 80% des véhicules à nouvelles énergies importés en Chine durant ces neuf mois, est le seul constructeur automobile étranger à avoir implanté un site de fabrication en Chine sans partenaires locaux. Cela a constitué une première. En novembre 2017, Tesla a conclu un accord avec le gouvernement chinois à Shanghai en vue de la construction d’une unité de production dans la zone de libre-échange de la ville. L'accord est sans aucun doute bénéfique pour l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement en Chine et il pourrait réduire drastiquement les coûts de production, de main d’oeuvre et de transport pour les voitures Tesla vendues sur le marché domestique. Toutefois, certains observateurs de l'industrie soutiennent que les voitures produites au sein de la nouvelle usine seront toujours susceptibles d'être considérées comme des importations et en tant que telles, soumises à une taxe de 25%.

Encore un petit marché

Selon l’étude réalisée par McKinsey en juillet 2017, en termes de demande, la Chine se distingue non seulement par le nombre de véhicules vendus mais également par la variété des choix disponibles. Environ 25 nouveaux modèles d’EV ont été introduits sur le marché chinois en 2016. D'ici 2020, un consommateur chinois pourra choisir parmi des centaines de modèles différents.

La Chine a toujours octroyé des subventions monétaires pour soutenir le marché de l’EV mais le gouvernement a annoncé qu'il remplacera graduellement les subventions directes par des incitations non monétaires d'ici 2021.

En 2016, le pays a élargi son infrastructure de recharge de batteries à un total de 107 000 points de recharge publics, soit une augmentation de 118% par rapport à 2015. Le Conseil d'État a indiqué que la Chine construirait plus de 12 000 nouvelles stations de recharge avant 2020 pour satisfaire les exigences de plus de cinq millions de branchements.

Pourtant, la pénétration des véhicules électriques dans le marché chinois des véhicules légers était de 1,4 % en 2016, contre environ 24% en Norvège. En termes relatifs, les véhicules à énergies nouvelles représentent encore un petit marché en Chine et offrent donc une large marge de progression.