mardi 1 novembre 2016

Le vélo revient en force, poussé par les applications mobiles

Des vélos Mobike - Photo : 虎嗅 huxiu.com

Tombé en désuétude avec le boom automobile des années 1990, le vélo avait quasiment disparu du paysage urbain chinois. Les préoccupations environnementales des municipalités et les applications mobiles de partage le rendent à nouveau populaire.

Qui aurait cru que le vélo devienne un objet de convoitise des entrepreneurs de la nouvelle économie ? Les médias chinois ont été nombreux à se pencher sur la question après que Ofo, une start-up de partage de vélos née il y a deux ans sur le campus de l’Université de Pékin, a annoncé avoir levé 100 millions de US$ auprès de Didi Chuxing. La société chinoise de service de véhicules avec chauffeur sur application mobile, qui a avalé Uber China en août dernier, compte Apple parmi ses investisseurs (à hauteur d’un milliard de US$) depuis mai 2016.

Cet investissement de Didi Chuxing dans Ofo intervient alors que la pratique du vélo revient en force en Chine. Comme le souligne un article publié sur le portail Sina, la voiture avait ces dernières années remisé le vélo au rang d’outil ringard et synonyme de pauvreté. A Pékin, le taux de pratique du vélo était tombé de 63 % en 1986 à 14 % en 2013, en déclinant de 2 à 5 % par an à partir de 1990.

Mais la pollution extrême des villes a incité les autorités locales à installer des systèmes de vélos municipaux à l’instar du Velib’ parisien ou du Vélo bleu niçois. Les projets se sont développés à un rythme époustouflant : créé en 2008, le système de Hangzhou, ville dynamique du sud-ouest de Shanghai où est situé le siège du groupe Alibaba, compte par exemple plus de 2 000 points de location et 78 000 vélos en circulation, l’objectif étant d’atteindre 175 000 vélos d’ici 2020. En moyenne, le nombre d’utilisations par jour de vélos de location atteint 240 000.

D’outil ringard, il devient accessoire urbain et branché

Parallèlement, des sociétés privées de partage de vélos type Ofo se distinguent des vélos municipaux en développant des applications donnant accès aux réseaux de vélos, qui vérifient l’identité de l’utilisateur et proposent le paiement mobile sur Wechat Pay ou Alipay. Ofo a apposé sur ses vélos un QR Code que les utilisateurs peuvent scanner pour payer, débloquer le vélo et l’utiliser moyennant 1 yuan par heure. A Shanghai, Mobike, une autre société de partage de vélos concurrente de Ofo, équipe ses vélos d’un GPS de localisation. Les nouvelles technologies redonnent des couleurs au vélo qui devient un accessoire urbain et branché.

Les médias chinois prévoient que la compétition intense entre ces start-ups, au premier rang desquelles Ofo et Mobike, va stimuler le développement du marché. Tout en s’interrogeant sur leur business model et sur ce qui fait que Ofo pourrait être une ‘société phénomène’, ils scrutent les faits et gestes des entrepreneurs sur les réseaux sociaux. L’application d’informations sur les innovations et les start-ups chinoises 虎嗅 huxiu.com a relevé qu’en août dernier Wang Xiaofeng, CEO de Mobike, a invité sur Weibo le vice-président de l’Université de Pékin à essayer ses vélos, alors même que le campus de cette université a vu naître son concurrent Ofo.

Les critiques sont nombreuses. Certains disent que le taux national de destruction de vélos reste élevé, et que les infrastructures et la signalisation des villes ne sont pas suffisantes pour accueillir tous ces nouveaux vélos en circulation. D’autres se réjouissent de cette émulation autour du vélo, s’intéressent au développement du Smart Bike - bien que ce dernier soit aujourd’hui trop onéreux pour concerner ces sociétés de partage de vélo -, et espèrent que les villes chinoises seront bientôt sillonnées de pistes cyclables.


 
Ofo's bright and yellow bikes - Photo Reuters

Fallen into disuse with the automobile boom of the 1990s, the bike had virtually disappeared from the Chinese urban landscape. Environmental concerns of municipalities and new sharing mobile applications make it popular again.

Who would have thought the bike will become an object of greed for entrepreneurs in the new economy? Many Chinese media focused on the issue after the announcement that Ofo, a bike-sharing start-up founded two years ago on the campus of the University of Beijing, has raised US$ 100 million from Didi Chuxing. The largest Chinese ride-sharing company, which swallowed Uber China last August, counts Apple among its investors (with a US$ 1 billion contribution) since May 2016.

The Didi Chuxing investment in Ofo comes as cycling is enjoying a revival in China. As pointed out in an article published on the portal Sina, the car had in recent years stored the bike to the rank of cheesy tool and synonym of poverty. In Beijing, the cycling rate had fallen from 63 % in 1986 to 14 % in 2013, with a 2-5% decline per year since 1990.

But the extreme pollution of the cities has prompted local authorities to install systems of municipal bikes like the Parisian Velib' or Nice’s Vélo bleu. The projects are developed at a breathtaking pace : created in 2008, the system of Hangzhou, where are located the headquarters of the Alibaba group, has for example more than 2,000 rental points and 78,000 bikes in circulation, with the aim to reach 175,000 bikes by 2020. On average, the number of uses per day of rental bicycles reaches 240,000.

From cheesy tool to urban and trendy accessory

At the same time, private bike-sharing companies like Ofo differ from municipal bikes with applications giving access to the bikes networks, which check the identity of the user and provide mobile payment via Wechat Pay or Alipay. Ofo has affixed on its bikes a QR Code that users can scan to pay, unlock the bike and use it for 1 yuan per hour. In Shanghai, Mobike, another bike-sharing company and Ofo’s main competitor, equips its bikes with a GPS device. New technologies give colors to the bike which becomes an urban and trendy accessory. 


Many Chinese media predict that the intense competition between these start-ups, especially Ofo and Mobike, will stimulate the market growth. While considering their business model and what could make Ofo a 'company phenomenon', they scrutinize the doings of entrepreneurs on social networks. The Chinese news application about innovation and start-ups 虎嗅 huxiu.com noted that last August, Wang Xiaofeng, CEO of Mobike, invited on Weibo the vice-president of the University of Beijing to try its bikes, while it is on the campus of this University that was founded its competitor Ofo.

However, critics are numerous. Some say that the national rate of bike destruction remains high, and that infrastructure and signalling in the cities are not sufficient to accommodate all these new bikes in circulation. Others rejoice in this emulation around the bike and show interest in the development of the Smart Bike - although the latter is now too expensive to be used by these bike-sharing companies -, and hope that Chinese cities can quickly become bike-friendly.