vendredi 4 janvier 2013

Logements sociaux durables : mission impossible ?

TRADUCTION Source : Daniel Liu 许天恩, fondateur du site Ecodialogue 生态电话
Dans le sillage de la croissance ultra rapide de l'économie chinoise, la vitesse d'urbanisation s'accélère jour après jour. Fait inédit, à près de 700 millions (1), le nombre de citadins chinois a dépassé le nombre de paysans ; mais pour les 50 millions de citadins pauvres, se loger est devenu inabordable. A tel point que les personnes à revenus moyens à bas n'ont pas vu leur situation s'améliorer depuis la réforme sur les logements de 1998 - ils restent dans la catégorie pauvre des "habitants sans logis". D'après les statistiques publiées par les autorités centrales, la construction de logements sociaux en Chine devrait concerner à l'avenir 15 millions de foyers à bas revenus (2).

En fait, le système actuel de logements sociaux ne couvre que les citadins enregistrés, excluant le groupe de personnes ne parvenant pas à obtenir de permis de résidence [hukou]. Or précisément c'est cette catégorie de population qui croît davantage d'année en année. Elle est directement rejetée par le marché immobilier des "deux grands" (prix d'achat et loyer élevés). Dans les métropoles de première catégorie comme Pékin, Shanghai et Shenzhen, les opportunités d'embauche augmentent chaque jour pour les employés qui arrivent dans les grandes villes (les travailleurs migrants) et les jeunes diplômés d'autres universités. Mais du fait de leurs revenus limités et de l'unique modèle de financement des logements, il n'y a aucun moyen de résoudre leur problème de logement. Cela peut constituer une menace potentielle.
Dans le même temps, pour pallier l'énorme pénurie de logements, il faut entreprendre des constructions à très grande échelle - et alourdir encore les coûts d'énergie et de ressources naturelles, déjà critiques. Le gouvernement central, tout en augmentant énergiquement l'exploitation des ressources minières, a commencé à basculer sa stratégie de développement économique vers l'exploitation et la production de nouvelles énergies. Ainsi, en 2010, "le plan de développement de la production des nouvelles énergies" mis en place par le Ministère de l'énergie a annoncé une augmentation des investissements de 50 milliards de yuans, ce qui traduit un énorme pas en direction des nouvelles énergies vertes. Dispersés dans tout le pays, des grandes quantités de capitaux ont été injectés dans les industries de fabrication de panneaux solaires (3), d'éoliennes et autres voitures électriques.


Dans la province du Gansu, en Mongolie, dans la province du Jiangsu, au nord-ouest du pays ainsi que dans les villes côtières de l'est du pays, sont construites à grande échelle des bases industrielles de production d'éoliennes et de panneaux solaires. Mais en l'absence d'études préalables, et sans aucune maîtrise du cœur de la technologie, le résultat de cette production de masse est le suivant : les performances technologiques ne sont absolument pas stables et, ne pouvant pas être utilisés tels quels, les sites restent en état de stagnation. Cela affecte le surplus de production d'acier, de ciment et de verre des industries traditionnelles (4), entraînant un énorme gâchis énergétique et matériel, voire même des accidents (5). Et les bas prix des surplus de production exportés mènent à des conflits commerciaux, à l'instar de l'enquête anti-subventions ouverte par les Américains et les Européens contre la Chine dans l'industrie des panneaux solaires.
De la même manière, dans les grandes métropoles du continent chinois, voire même les villes de deuxième et de troisième catégorie, les gouvernements locaux, pour tirer le PIB vers le haut, choisissent de "prendre un raccourci". Ils n'ont aucune connaissance approfondie de la notion de "développement durable", mais en brandissant l'étendard "écologique et économe en énergie", ils entreprennent en fanfare la démolition de l'ancien et la construction de nouvelles villes, via des projets de développement immobilier et de transformation des infrastructures.
Pendant ce temps , les "villes écologiques" ou autres "villages écologiques" poussent partout comme des champignons. Les cabinets étrangers de conseil en architecture apparaissent les uns après les autres sur la scène du "grand bond en avant vert", souhaitant tous mettre en application et valider leurs théories et produits sur ce "champ d'expérimentation" sans précédent. Mais entre deux clignements d'yeux, "tout le monde est parti", et ne restent que des bâtiments vides. Ainsi DongTan, auto-proclamée "première ville écologique", HuangBoYu, le "premier village sur la terre", et les autres "fleurs écologiques" se sont toutes fanées les unes après les autres.


Les initiatives du "grand bond en avant vert" en sont donc à leur deuxième acte, mais l'ironie de l'histoire est que l'autre volet, "le grand bond en avant des logements sociaux", n'en est qu'à ses débuts.
En 2011, le gouvernement central annonçait : "nous allons construire cette année 10 millions de logements sociaux, et 36 millions d'ici cinq ans." Dans l'hypothèse où cet objectif est réalisable, évaluons ce que peut être le résultat : d'ici cinq ans, dans l'idéal, la Chine compterait au total 50 millions de logements sociaux (6), au moins un foyer sur cinq dans les villes pourrait bénéficier d'un logement social ! Un véritable accomplissement social.
Dans cet esprit, au sein du 12e plan quinquennal, le gouvernement central a fermement recommandé à tous les secteurs de la construction de mettre en place le "standard national d'architecture verte" : "en 2014 les investissements du gouvernement dans la construction sociale et municipale, les projets dans les villes et les province et les logements sociaux dans les villes doivent tous avoir appliqué ce standard national d'architecture verte". Ceci implique que tous les problèmes sociaux et environnementaux liés aux logements sociaux doivent être très rapidement résolus une fois pour toutes.


En Chine, le gouvernement est prêt à donner des directions dans un sens unique : les solutions doivent être "nombreuses, rapides, bonnes, et économiques". Pour la construction de logements sociaux, il entend ainsi "se concentrer sur deux choses en même temps", à la fois l'économie des ressources et la protection de l'environnement. Mais si on considère rationnellement le contexte, à savoir le grand nombre de citadins chinois, la vitesse d'urbanisation, la pénurie de logements etc... , cela ressemble bien à une "mission impossible".


En effet, le développement durable des logements sociaux peut-il se réduire à la simple économie d'énergie? Si pour assurer le "développement durable", il suffit d'aspirations présomptueuses des politiques et d'études préalables fantaisistes des autorités responsables, la construction de logements sociaux présente un risque potentiel. Comment des logements sociaux à la durabilité au rabais peuvent-ils assurer la protection de l'environnement, la justice sociale et le développement économique?


(1) Selon le bureau chinois des statistiques, le nombre de citadins chinois était de 690,79 millions en 2011, dépassant pour la première fois les 656,56 millions de paysans du pays (2) "Le rapport des autorités centrales visant à accélérer la construction de logements sociaux" (3) La Chine est rapidement devenue le premier pays producteur de panneauxsolaires (4) Selon les données de l'association chinoise du fer et de l'acier, fin mai 2010, le stock total des 26 marchés des 5 catégories d'acier atteignait 15,78 millions de tonnes, soit 5,5 fois son niveau de 2008 à la même période (5) Le 24 février 2011, au nord-ouest de la province du Gansu, un accident aendommagé l'un des champs d'éoliennes Qiaoxi alimentant le réseau électrique dela ville de Jiuquan, ce qui a conduit à l'arrêt de l'acheminement del'électricité produite par 598 moteurs d'éoliennes, entrainant la perte de 840000 kw (6) Le nombre de logements sociaux dans tout le pays était de 2,6 millions en 2009, et de 5,8 millions en 2010

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中国保障性住房之可持续绿色标准研究

[背景
口号“五年内解决保障性住房问题,两年内达到绿色标准”

当中国经济这列蕴含惊人马力的“TGV”,逐渐放慢了它疯狂速度的时候,被誉为中国式保障房的“两套马车”已经迫不及待地冲出了闸门,狂奔在“大跃进”的路上了。]

随着中国经济的迅猛增长,城市化速度日益加快,中国城镇人口首次超过农业人口,达到近7亿 1;尤其对于5000万城市贫困人口,住房反而达到了“不可支付”水平。,乃至中低收入人群并没有因1998年以来的住房改革而真正改善,仍处在“居无其所”的贫困线上。 据中央发布的数据,中国保障性住房建设要面对未来有1500万的低收入家庭2。

不但如此,现有的住房保障制度仅仅覆盖的是城市户籍人口,而没有顾及到非户籍流动人群。而恰恰是这一类人群的增长率在逐年快速提高。他们被直接推向“双高”(高房价和高租金)的商品房市场。在北京、上海和深圳等的“一线”大城市,大量的就业机会所吸聚的进城务工人员(农民工)以及外地大学毕业生日益庞大,由于收入有限,单一的住房货币化商业模式,无法解决他们的住房问题。给社会造成隐患。

于此同时,为填补巨大的住房缺口,而进行的大规模住房建设,更加重了本来已经十分沉重的能源资源支出。中央政府在大力增加化石能源的开发的同时,开始,把经济发展战略转向新能源开发与生产上。于是,2010年,国家能源局编制的《新兴能源产业发展规划》拟定增加投资5万亿 ,这意味着为“新能源跃进”打开了绿灯。于是,各地一哄而上,投入巨额资金进行太阳能板3、风电场以及电动车等新型产业的建设。

例如甘肃、内蒙古、江苏等西北部以及东部沿海城市建立了超大型风电场,和太阳能板生产基地。但由于缺乏前期研究,且不掌握核心技术的情况下,大规模生产的结果是:技术性能还十分不稳定不能马上投入使用处于停滞状态,以至于波及钢铁、水泥、玻璃等传统型产业的生产过剩4,造成能源和材料的巨大浪费,有的甚至造成事故5。廉价过剩产品的出口带来贸易争端,例如美国和欧盟对中国的太阳能板生产企业的起诉买就是很好的证明。

而同样在众多内陆大城市,甚至包括时二、三线城市,地方政府为了拉高GDP ,选择“走捷径”,在对“绿色可持续发展”的概念还没有一个清楚深刻认识的情况下,假借“节能环保”之名,大张旗鼓地进行拆旧建新的城市改造运动基建和房地产项目开发上。一时间,“生态城”、“生态村”如雨后春笋般地遍地发芽 。国际咨询公司 建筑企业各路角色相继在这个“绿跃进”的舞台上登场,都想在这个独一无二的“实验场”验证他们的理论和产品。而转眼之间“人去楼空”,留下的只是一片荒地。就这样,自诩为“世界第一生态城”的东滩,和“天下第一村”的黄柏峪等一批“生态之花”们,都相继地败落了。

“绿大跃进”运动并没有因此而停止,但讽刺的是,另一场“保障房大跃进”的重头戏的号角已经吹响。

2011年,中央宣布,“要在本年建设1000万套保障性住房,在接下来的5年内再建3600万套。”如果这个目标能实现,正常估算:在五年内,理论上,中国的保障性住房总量将达5000万套6,至少每五个城市家庭就能拥有一套保障房!十分惊人的成就。不但如此,在“十二五规划”里,中央政府要求大力推动住房产业化的同时,全面执行《国家绿色建筑标准》,“2014年政府投资的公益性建筑和直辖市、计划单列市及省会城市的保障性住房全面执行绿色建筑标准”。这意味着保障房所牵扯的社会和环境问题将很快被 “一劳永逸”地解决了。

在中国,政治意愿指导一切:立志要“多、快、好、省”地 推动保障性住房建设,节约资源为目的环保道路选择“两手抓”。但是,如果理性地考虑中国的巨大城镇人口,城市化速度,以及住房的缺口等背景因素的话,那是将是一个“不可能完成的任务”。 然而,保障房的可持续发展被缩减成对保障性住房的节能改造吗?自负的政治意愿和草率的研究论证对需要长期建设的可持续保障房的发展埋下了灾难性的隐患。一个打折扣的可持续性保障房又怎么能回应环境的保护,社会的公正和经济的发展呢?



1 据中国统计局数据:2011年,中国城镇人口达到69,079万人首次超过农村人口65656万人,突破 51,27%
2 《中央关于加快保障性住房的建设的意见》
3 中国已经迅速成为世界第一大太阳能电池板制造国。
4 根据中国钢铁工业协会公布的数据,2010年5月末,全国26个主要钢材市场五种钢材社会库存量合计为1578万吨,是2008年同期的5.5倍
5 2011年2月24日,西北电网甘肃酒泉风电基地因桥西第一风电场出现故障,导致598台风电机组脱网,损失电力84万千瓦
6 2009年全国保障性住房建设规模是260万套,2010年是580万套