lundi 6 juin 2011

Hong Kong est-elle toujours un désert culturel? (1ère partie)

TRADUCTION  Source : 经济观察报 The Economic Observer du 3 juin 2011
Photo du Hongkongais Liao Wei-Tang

Depuis toujours, coller une étiquette est chose aisée, l’enlever est plus difficile. Même si elle a été posée par nos soins, c'est toujours dans la contrainte qu'on l'ôte.

Désert culturel, c'est l'étiquette qui colle à Hong Kong dans toute son étendue, et c'est même pour les adolescents hongkongais un moyen de s'assurer une vie convoitée de relaxation et de jeux solitaires. Mais en réalité, les Hongkongais aimeraient bien se débarrasser de cette étiquette, non seulement parce qu’elle donne à la ville un caractère superficiel, mais aussi car la culture et l'art peuvent se convertir en dynamisme économique, et tout Hongkongais digne de ce nom ne veut pas se trouver en dehors de là où les affaires se font.
Il y a quatre ans, a été crée Art HK (salon international de l'art de Hong Kong). Mais dès le départ, personne n'était optimiste. Hong Kong compte-t-elle suffisamment de représentants de l'art contemporain?

Comment un lieu dont les bases culturelles sont dites 'fragiles' peut-il faire taire sa mauvaise réputation en matière d'art? Et depuis quand un environnement financier favorable peut-il garantir le succès d'un salon international? Il faut toutefois remarquer que les foires d’art contemporain modèles du genre - Bâle et Miami - évoluent et prospèrent dans un environnement plus orienté vers la finance que véritablement artistique.
Bâle se divise en deux, de part et d'autre du Rhin, avec la France d'un côté, l'Allemagne de l'autre, proche de la voie express. C'est la ville suisse la plus active économiquement : chaque année s'y tiennent les plus grands salons internationaux, où sont prises des décisions qui influent sur le secteur de la finance internationale. Quant à Miami, elle abrite de nombreux sièges sociaux de banques et de chaînes de télévision. Elle reçoit les influences des communautés américaines et des îles des Caraïbes et incarne la fusion de plusieurs cultures. La ville a d'ailleurs été baptisée 'capitale des Amériques'.
Vrai centre névralgique, Hong Kong n’est pas très différente, et sa position géographique lui permet de pouvoir faire le lien entre le marché de l'art à l'est et à l'ouest. Les œuvres d’art n’y sont pas taxées, alors qu’à Pékin, le taux de taxe atteint 30%. Evidemment, lorsque des oeuvres d'art achetées à Hong Kong sont apportées à l'intérieur du pays, les taxes s’appliquent, mais il est de notoriété publique qu’un grand nombre de personnes vont chercher tous les moyens possibles de passer outre.
De plus, les organisateurs de salons étrangers travaillent à Hong Kong dans les meilleures conditions. Pour les quatre éditions de ART HK, par exemple, les neuf personnes de l’équipe dirigée par le directeur anglais du salon Magnus [Renfrew] forment une véritable petite ONU : bien que peu nombreux, ils viennent du monde entier.
Ils n'ont pas besoin – et n’ayant pas la même langue, ils n’en sont pas capables - de comprendre rapidement les formalités procédurières extrêmement compliquées à l'intérieur de Chine exigées par les officiels de la culture et de la créativité. A Hong Kong, ils utilisent l'anglais et peuvent tout obtenir. La ville leur offre ce type d'environnement favorable : s'ils ont une bonne équipe, ils n'ont besoin que de temps.
Les bons résultats de ART HK ne sont pas passés inaperçus auprès de la foire d'art international Art Basel. En avril, Art Basel n'a pas pu s'en empêcher d’investir dans le jeune ART HK, évitant ainsi le danger de les voir devenir une menace pour eux du fait de leur développement - en réalité, l'an dernier la proximité des dates des deux salons avait déjà entrainé l'abandon de Bâle au profit de ART HK d'une partie des collectionneurs asiatiques.
La foire de Bâle cherchait sans hâte à s’étendre en Asie, et elle arrive sur un marché très animé.
La première session de ART BASEL & HK va faire venir en force tout le cercle artistique de Pékin. En dehors des galeries, beaucoup d'agences étrangères et de médias artistiques étrangers prévoient de se déplacer car, selon eux, c'est tout simplement un motif de voyage.
Déjà, le 25 mai, lors de la cérémonie d’inauguration, tout le cercle artistique de Pékin est 'venu en force’. Toutes les huiles du monde de l’art étaient présentes, presque tous les responsables des grandes galeries de la planète s’étaient déplacés, dont le directeur de la foire de Miami, ainsi que secrétaire d'Etat hongkongais aux finances, Tang Ying-nian.
Travail le jour, fête la nuit. Tang Ying-nian accueillait les invités au cocktail donné par la galerie Hauser & Wirth, puis au White Cube, à la soirée donnée par Louis Vuitton .... Toutes les personnalités du marché de l'art européen étaient de la partie, ce qui est positif pour l'image culturelle de Hong Kong, sans parler de sa réputation à l'international. C'est en fait une théorie enseignée avant le bac : pour améliorer son niveau ce n'est pas la peine de monter le plus haut, il suffit de se rapprocher du niveau moyen des autres. Concernant Hong Kong, son point fort c’est l'internationalisation, déjà reconnue depuis longtemps.
Au même moment se tenait ART HK, au premier étage du Convention and Exhibition Centre de Wan Chai. Le troisième étage était consacré à l’exposition précédant la vente aux enchères des 25 ans des ventes de printemps de Christie’s. Au cinquième étage étaient exposés Zeng Fan-zhi, ainsi que Zhang Huan, représenté par la galerie Malingue, pendant que les oeuvres de Zhou Tie-hai étaient montrées au Clipper Lounge de l’hôtel Mandarin Oriental. C’était une exclusivité assez rare de voir rassemblés à Hong Kong des artistes chinois du continent.
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经济观察网 王隽/文 自古以来,贴标签容易,摘下来难。不管这标签是自己乐意贴的,还是被迫的。
文化沙漠是香港身上的大标签,也是内地人早年间对香港物质生活眼馋时聊以自慰的话题。香港人实在想甩掉这个标签,不仅仅是因为这几个字让城市的气质显得浅薄,而是当文化、艺术成为经济新热点时,一向敏感的香港并不愿意置身事外。
四年前,ART HK(香港国际艺术展)诞生。但一开始并没有人看好。
香港有足够代表城市的当代艺术吗?
一个看上去艺术基础“薄弱”的地区要怎样摘掉不好听的标签?仅仅是有好的金融环境就可以做好博览会吗?好在行业里的典范巴塞尔、迈阿密,也都算不上艺术之都,而是大区域的金融体系交会点。巴塞尔被莱茵河一分为二,法国、德国、瑞士的高速公路都在这里交汇,这里是瑞士最具经济活力的地区,每年举行瑞士最大的国际样品展示会,还有在国际金融方面举足轻重的国际结算银行;迈阿密是许多银行、电视台的总部,受拉丁美洲族群和加勒比海岛国居民的影响,在文化上也是融汇多方,这里被称为“美洲的首都”。
香港和它们一样,是交会之都,以最佳地理位置获得中西方艺术交易连接点的殊荣,紧挨着中国大陆,艺术品交易无税,而在北京,税率高达30%。虽然买了艺术品带回国内,是需要补交税费的,但业内人士都清楚,多数人会想办法,不带回来就可以了。
外资背景的博览会主办方在港做事放得开手脚。就拿连办四届的ART HK来说,展览总监英国人Magnus领衔的9人团队像一个小联合国,成员虽少,却来自世界各地。他们无须和不在同一语态的、还没有开窍的、手续程序极其繁琐的中国内地负责文化创意产业的官员们打交道,他们用英文可以搞定一切,香港给了这般良好的大环境,只要团队是好的,成事只需时间。
ART HK做到了让行业大牌巴塞尔艺博会都不敢轻视的成绩。就在今年4月,巴塞尔终于忍不住了,他们出资买下了年轻的ART HK,避免它在日益壮大之后造成对自己的威胁——事实上,去年两个博览会时间的接近已经让一部分亚洲藏家舍弃了巴塞尔。
巴塞尔也轻松地找到了在亚洲地区的“分部”——还是一个已经发展完善的分部。
第一届ART BASEL&HK,让全北京的艺术圈倾巢出动,除去画廊外,有不少外围机构和艺术媒体都是全组出动,这对于他们来说,简直是一场主题旅行。
5月25日,到了开幕酒会才知道,“倾巢出动”的何止北京的艺术圈。大佬云集,几乎所有世界上一线大牌画廊的负责人都来到了现场,也包括了迈阿密艺博会的老大鲁贝尔,还有港府的财政司司长唐英年。
白天看展,夜里派对。从唐英年府邸的港府欢迎宴到一线画廊hous-er and worth的酒会,再到白立方、路易威登的party……欧洲艺术圈大佬们来袭,与其说是丰富了香港的文化,倒不如理解为在国际性上又加分了——这就好像高考时说的短板原理,不需要高板继续再高,而是让短板接近其他木板的平均值。对于香港而言,国际性是高板,早已受到认可。
同期,就在ART HK的主场地湾仔会展中心里,一层、三层是佳士得25周年春季拍卖的预展,五层是曾梵志的个展,马淩画廊有张洹的个展,周铁海的画也可以在文华东方酒店的快船廊看到。若不是有这个艺术展,内地艺术家在港密集做展是不大可能的。
在这些热闹里,没有香港本地艺术家来掺和一把。香港本地艺术家和画廊数量,甚至没法和草场地、798加起来的数量相比。
艺术创作的状态也不一样,表面上看起来并不蓬勃,松散,沉默,自顾自,没有体系,却有它自己的生机和内在力量。
学者梁文道说:“我几乎不认识专职的香港艺术家。他们有修理电视机的、有开公交车的,生活不宽裕但是乐在其中。”
摄影艺术家廖伟棠也说:“他们做艺术的时候更纯粹,而不是边做边想,‘这个要带我去威尼斯双年展,这个要卖多少钱什么的’。他们过得不是很好,但是他们也不觉得过得太坏,因为他们在艺术里得到了补偿。”
所以,在拍卖场和画廊博览会上,你几乎没有机会听到人们这样介绍,“这是香港艺术家,非常好卖。”
有趣吗?一个充满了金钱交易的城市,孕育出来的艺术家却离火热的艺术品交易市场非常遥远。在交易量远远领先于内地各大艺博会的ART HK,一层的大画廊卖翻了天,一天工夫就清仓的不在少数,但这也影响不了二层的年轻艺术家们——他们安心布展,有兴趣给观众讲解创作经历,却无所谓根本卖不出作品。这对于艺术创作来说,是最理想化的状态,只是有谁曾设想,也许香港的艺术创作环境会比北京、上海更纯粹简单?
港府一直在做激励艺术的工作。他们将媒体和画廊主载上游船,开到仍然荒芜一片的西九龙,对着那一片空地只为告诉大家,这里将来会是艺术区,很大、很好、花很多钱建的艺术区;在三十几度的天气,他们继续将来自内地和欧美的记者带到古老的香港警察局,也是为了告诉大家,这里未来会被改造成一个文化中心。
5月底的短短几天,大量的展览让香港的学生们和文艺青年们热闹起来,会场里常能看到成群的穿学校制服的年轻人,在老师的讲解下看完整个展览。
单从这几点,“文化沙漠”这几个字我是不大叫得出口了。