lundi 13 février 2017

Les marques de mode dans les séries TV coréennes

Une chemise Miu Miu portée par Gianna Jun dans Legend of the Blue Sea

Le choix des marques portées par les protagonistes des séries coréennes n’est pas anodin car hautement prescriptif auprès de l’audience, notamment chinoise. Dans la série récente Legend of the Blue Sea, les marques occidentales, italiennes en tête, sont privilégiées pour la garde-robe féminine, alors que les marques coréennes dominent le vestiaire masculin. Aucune marque d’origine chinoise n’a été sélectionnée.


Bfaner (商务范), l’un des comptes WeChat dédiés à la mode et au lifestyle les plus lus en Chine, s’est intéressé à la série télévisée coréenne Legend of the Blue Sea (蓝色大海) qui a été diffusée en Corée du Sud de novembre 2016 à fin janvier 2017. Les séries coréennes sont toujours scrutées par les critiques de mode chinois, la Corée étant perçue comme l’avant-garde de l’Asie en matière de tendances.  

L’auteur de l’article commence par se moquer un peu de l’intrigue et ironise sur « les habits à plusieurs milliers de dollars » que l’actrice principale, qui joue une sirène sortie des eaux à la recherche de vêtements une fois sur la terre ferme, trouve dans une poubelle au début de la série.
Bfaner laisse entendre que ce qui vaut vraiment la peine dans les séries coréennes, ce sont les looks branchés des protagonistes. Effectivement les 20 épisodes semblent être un festival de placement de marques de vêtements et d’accessoires portés aussi bien par l’actrice principale GiannaJun que par son partenaire masculin LeeMin-Ho. Les cibles féminine et masculine font l’objet de deux articles séparés publiés par Bfaner, qui ont totalisé chacun plus de 100 000 lecteurs.

Les marques portées par le personnage féminin sont à prédominance italiennes, Miu Miu cumulant le plus d’apparitions, suivie de près par Dolce & Gabbana, puis par Valentino, Blumarine et Missoni. Bien que jugés souvent peu discrets « mais portables par les Asiatiques » les modèles recueillent l’approbation de l’auteur de l’article. Tout comme les tenues de marques françaises – Chanel, Céline, Lanvin, Louis Vuitton (bref passage) – dont les prix élevés sont toutefois soulignés avec insistance.

Marques anglo-saxonnes dans le collimateur

lundi 30 janvier 2017

Des purificateurs d’air mis au point par des concepteurs de fusées

La technologie spatiale au service des purificateurs d'air nationaux  (Li Gang/Xinhua via AP)


Un article du China Daily, qui est, avec le Global Times, l’un des principaux porte-parole du gouvernement chinois, réussit l’exploit de promouvoir à la fois l’industrie militaire chinoise et les purificateurs d’air nationaux. Dans une Chine très affectée par la pollution, ces derniers représentent un marché juteux convoité aussi par les marques étrangères type Mitsubishi ou Philips.

La China Academy of Launch Vehicle Technology (CALT) de Pékin - l'un des principaux concepteurs de fusées spatiales et de missiles balistiques du pays - devrait bientôt mettre sur le marché un purificateur d'air qui, selon ses concepteurs, incorpore toute une série de technologies de pointe utilisées dans les fusées.

Beijing Ares Technology, une filiale de la CALT en charge du développement et du marketing pour les purificateurs, a mis au point « le premier purificateur d’air domestique intelligent », baptisé Alpha-blue.

lundi 19 décembre 2016

Le golf, nouveau chouchou des médias chinois

Le parcours de golf Tianan Jiari à Pékin. Photo :  teekart.com

 
Fini le temps où le golf avait mauvaise presse du fait de son bannissement par le gouvernement chinois. Sa démocratisation est maintenant encouragée pour soutenir le développement d'une Chine sportive et consumériste.

Début novembre 2016, l’Open de France, le plus grand tournoi de golf d’Europe continentale, a été racheté par le groupe chinois HNA. Cette opération peut surprendre quand on se souvient qu’au plus fort de la campagne anti-corruption chinoise, le golf était dans le collimateur du gouvernement de Xi Jinping qui le considérait alors comme une activité favorisant l’entre soi et les malversations des riches officiels du Parti.

Le golf revient pourtant en grâce depuis peu avec la publication fréquente d’articles plus favorables émanant de la presse étatique. En avril 2016, le journal officiel de l’agence chinoise anti-corruption déclarait que « ce n’est ni bien ni mal de jouer au golf. » Et chaque jour les articles sont de plus en plus nombreux à mettre en avant les exploits de la championne nationale Feng Shanshan ou l’inauguration à Shenzhen du premier musée chinois du golf, ou encore à donner des conseils pour peaufiner son swing.

Marché naissant

mardi 1 novembre 2016

Le vélo revient en force, poussé par les applications mobiles

Des vélos Mobike - Photo : 虎嗅 huxiu.com

Tombé en désuétude avec le boom automobile des années 1990, le vélo avait quasiment disparu du paysage urbain chinois. Les préoccupations environnementales des municipalités et les applications mobiles de partage le rendent à nouveau populaire.

Qui aurait cru que le vélo devienne un objet de convoitise des entrepreneurs de la nouvelle économie ? Les médias chinois ont été nombreux à se pencher sur la question après que Ofo, une start-up de partage de vélos née il y a deux ans sur le campus de l’Université de Pékin, a annoncé avoir levé 100 millions de US$ auprès de Didi Chuxing. La société chinoise de service de véhicules avec chauffeur sur application mobile, qui a avalé Uber China en août dernier, compte Apple parmi ses investisseurs (à hauteur d’un milliard de US$) depuis mai 2016.

Cet investissement de Didi Chuxing dans Ofo intervient alors que la pratique du vélo revient en force en Chine. Comme le souligne un article publié sur le portail Sina, la voiture avait ces dernières années remisé le vélo au rang d’outil ringard et synonyme de pauvreté. A Pékin, le taux de pratique du vélo était tombé de 63 % en 1986 à 14 % en 2013, en déclinant de 2 à 5 % par an à partir de 1990.

vendredi 22 juillet 2016

Quand les Chinois viendront skier dans les Alpes françaises




En diffusant la version chinoise de son clip « J’aime la Maurienne » sur les réseaux sociaux chinois, le chanteur français Dantès Dai Liang promeut sa région natale auprès de potentiels visiteurs asiatiques (version chinoise ci-dessous)


Réunis à l’occasion de la diffusion du clip promotionnel du chanteur Dantès Dai Liang, des acteurs du tourisme et des élus locaux ont débattu sur l’attractivité des Alpes françaises auprès des touristes chinois. Le directeur de la stratégie Montagne du Club Med a dévoilé son plan croisé à 10 ans en France et en Chine.



« Pendant les six années à venir, les yeux vont être tournés vers l’Asie, avec les Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du sud en 2018 et de Pékin en 2022. » Réunis autour d’une table ronde organisée par l’office de tourisme de Valloire (Haute Savoie), les acteurs du tourisme de montagne et les élus locaux de la région Auvergne-Rhônes-Alpes se sont interrogés sur les moyens d’attirer la clientèle chinoise dans les stations des Alpes françaises. Le contexte semble porteur avec un nombre de skieurs chinois en pleine expansion, et une pratique encouragée par le gouvernement chinois qui a annoncé son objectif de 300 millions d’adeptes de sports de montagne dans tout le pays d’ici 25 ans. Mais la partie est loin d’être gagnée avec seulement 100.000 touristes chinois accueillis en Savoie Mont Blanc en 2015.


Initiatives groupées

lundi 4 juillet 2016

Candia ouvre une ‘experience store’ à Suzhou


     L’ouverture d’une boutique Candia dans le quartier historique de Suzhou n’est apparemment pas passée inaperçue. Le site chinois DingjiaoCaijing affirme même que l’événement a attiré l’attention des commerçants aux alentours. Selon cette publication économique, il s’agit d’une ‘experience store’ [体验店], terme plus fréquemment employé dans l’univers des nouvelles technologies que de l’agroalimentaire. 


Cette boutique, précise l’article, aura pour objectif non seulement « de vendre du lait de qualité importé de France », mais aussi « d’éduquer les consommateurs, de proposer des activités de formation, d’exposer les gammes de produits, et d’interagir avec la clientèle. » Cette initiative n’est pas une première pour Candia en Chine, car à travers ses activités en ligne – notamment son récent concours sur Weibo sous le hashtag  #欧洲杯法国队能走多元# [Euro 2016 : l’équipe de France peut aller encore plus loin] -, et ses boutiques physiques, la marque promeut, selon l’article, « la transition de l’achat ‘prix’ vers l’achat ‘qualité de vie’. » Mentionnant sur l’emballage ‘collecté et conditionné en France’, le lait Candia est censé rassurer un marché chinois traumatisé depuis 2008 par l’affaire du lait infantile mélaminé d’origine locale, qui avait entraîné la mort de nourrissons.


Deux partenariats avec des groupes chinois


Le réseau de distribution de Candia en Chine se développe rapidement depuis la création en juin 2015 d’une société en partenariat avec la société chinoise Zjnac, spécialisée dans l’import-export de produits d’origine animale. Cette société détenue à 10 % par Candia commercialise le lait UHT et le lait infantile français à marque Candia dans la région de Shanghaï via un réseau de boutiques, qui devrait croître au rythme de 10 nouvelles ouvertures par an. Le lait Candia est également vendu en grande distribution, dans les magasins spécialisés en maternité et puériculture et sur Internet. L’objectif des deux partenaires est d’atteindre un chiffre d’affaires de 1 milliard de yuans (145 millions d’euros) d’ici 2020.


Par ailleurs, le groupe coopératif Sodiaal, qui détient la marque Candia, vient d’annoncer un autre partenariat avec un groupe chinois, le spécialiste de lait infantile Synutra. Il s’agit d’un contrat de 10 ans portant sur la fourniture annuelle d’environ 450 millions de briquettes de lait de 20 cl qui seront commercialisées sous les marques du groupe Synutra destinées au marché chinois. Des travaux cofinancés par Candia et Synutra débutent ce mois-ci avec la construction d’une nouvelle usine de lait UHT sur le site de Candia à Carhaix (Finistère). Les premières expéditions vers la Chine sont prévues dès le deuxième trimestre 2017.

vendredi 17 juin 2016

Avec l’Euro 2016, le premier sponsor chinois Hisense vise une audience globale



   ‘Hisense, la marque de téléviseurs n°1 en Chine’. Ce slogan publicitaire s’affiche en chinois et en anglais en arrière-plan des 51 matchs de l’Euro 2016 organisés à travers la France. « En 56 ans d’existence, c’est la première fois que l’Euro accueille un sponsor chinois », observe le quotidien étatique chinois Global Times, pour lequel ce rapprochement est « historique », l’Euro étant suivi par « la plus large audience en Chine de fans du ballon rond. » Le Global Times fait le compte : l’Euro 2016 est couvert par les télévisions de plus de 230 pays et régions, chaque diffusion en direct de matchs devrait attirer en moyenne 150 millions de téléspectateurs, soit une audience cumulée de 7 milliards, dont plus de 1,2 milliard en Chine.

Pom-pom girls chinoises 

Le marché chinois n’est évidemment pas le seul visé par la marque. Le Global Times indique que si Hisense est la première marque de téléviseurs depuis 13 ans en Chine, sur le plan international, elle a ravi à Sony la troisième place en 2015. Mais elle compte sur la plate-forme de l’Euro, où elle voisinera sur les terrains avec d’autres sponsors tels que Adidas, McDonald’s et le coréen Hyundai pour pallier son déficit de notoriété en Europe. Sur place, au sein des 10 fan-zones, espaces mis en place par l’UEFA où sont diffusés les matchs en direct, des stands aux couleurs de Hisense exposent les téléviseurs 4K et les smartphones 4G de la marque. 

Le Global Times évoque les 8 égéries chinoises engagées par Hisense pour soutenir les équipes de football sans distinction de pays. La ‘dream team’ a été sélectionnée via des votes en ligne sur les réseaux sociaux chinois Weibo et WeChat - un concours largement relayé par les médias chinois. Cette initiative semble en premier lieu destinée aux téléspectateurs chinois, la tradition des pom-pom girls n’étant pas vraiment européenne. En revanche, Twitter étant interdit en Chine, le Global Times ne mentionne pas la campagne #HisenseQuest destinée à faire gagner une place en finale. Si elle est une pionnière en soutenant l’Euro de football, Hisense n’est pas la première marque chinoise à faire des efforts de localisation dans sa communication occidentale : d’autres marques chinoises de smartphones telles que Lenovo et Huaiwei se sont déjà fait récemment remarquer sur leurs nouveaux marchés cibles européens.  


lundi 9 mai 2016

L’ancien vice-président de L'Oréal Chine rejoint une startup chinoise d’huiles essentielles

      
     Zhang Yaodong a été pendant cinq ans vice-président de l’Oréal Chine. Un poste qu’il a quitté fin 2014 pour diriger Fossil China, la filiale chinoise de la marque américaine de montres et d’accessoires de mode. Mais l’attrait d’une « marque à forte marge de progression » a été le plus fort et le magazine économique chinois Beijing Business Today l’a interviewé alors qu’il était sur le point de prendre la direction de la jeune marque chinoise Afu Essential Oils, pour l’instant uniquement vendue sur Internet. 


« En 25 ans, le marché chinois des cosmétiques a énormément évolué. Il est passé de ‘j’achète parce que c’est une marque étrangère’ à ‘j’achète parce que c’est une marque connue’ puis à ‘j’achète parce que j’aime cette marque’. Les cartes sont donc en train d’être complètement redistribuées », affirme-t-il. Le taux de croissance du secteur, de 8,8 % en 2015, reste élevé, faisant du marché chinois des cosmétiques, évalué à 205 milliards de yuans,  le deuxième au monde derrière celui des Etats-Unis. Cependant, selon le Beijing Business Today, si sous la vice-présidence de Zhang Yaodong, le chiffre d’affaires des marques de L’Oréal Chine est passé de 600 millions à plus de 6 milliards de yuans, les marques traditionnelles occidentales sont aujourd’hui à la peine. 


« Les marques chinoises se développent très rapidement, mais sont fortement attaquées par les marques coréennes et japonaises, et la question est de savoir combien de temps va durer la popularité de ces dernières auprès de la clientèle chinoise, reprend Zhang Yaodong. En attendant, les marques chinoises ont beaucoup à apprendre d’elles. » Par exemple, la rapidité d’adaptation des marques coréennes aux tendances de la beauté en Chine et leur capacité d’innovation en termes de design. Les marques japonaises,  au contraire, peuvent peaufiner pendant longtemps la mise au point d’un produit, mais la fabrication en est extrêmement fiable et inspire confiance.

Pour Clarins, la Chine est le marché pionnier du numérique

Cet article a été publié sur le site Premium Beauty News

QR Code de Clarins sur WeChat
 
Leader en France dans le soin cosmétique, la marque familiale Clarins a pourtant choisi la Chine, où elle est une marque étrangère parmi d’autres, pour mettre en place une « organisation cross-channel  », dont l’objectif est de diffuser le numérique à travers tous ses réseaux de vente et de marketing. Lors de China Connect, la conférence annuelle européenne sur les tendances du numérique en Chine (tenue les 5 et 6 avril à Paris), Julien Chiavassa, le directeur du numérique et de l’e-commerce Asie-Pacifique chez Clarins, a exposé les étapes de ce changement de modèle. Il a mis en avant le rôle de WeChat, la messagerie instantanée mobile-only utilisée par 500 millions de Chinois.


Premium Beauty News - Vos ventes en Chine dans les grands magasins et spas sont encore largement majoritaires. Pourquoi cet accent mis sur le numérique ?

Julien Chiavassa - Nos ventes en ligne représentent 15 % de nos ventes totales en Chine. Cette part est élevée par rapport à la moyenne mondiale, ce qui démontre l’avance de la Chine sur le digital, et particulièrement le mobile. Les consommateurs chinois respirent à travers leurs téléphones portables. Et même si nous effectuons encore beaucoup de ventes dans les boutiques physiques, l’influence des plates-formes digitales est de plus en forte, et impacte chaque jour davantage notre activité off-line. Près des deux tiers de nos ventes en boutiques physiques sont influencées par nos points d’impact digitaux. Auparavant, nos équipes de vente en boutiques et de e-commerce travaillaient séparément, nous n’avions donc aucune visibilité ni aucune base de donnée centralisée sur nos clients. Notre objectif est donc d’en finir avec le cloisonnement et d’envoyer un message cohérent à travers nos canaux de distribution. Nous nous concentrons sur le contenu en ligne pour développer le click & collect , enrichir l’expérience digitale en boutiques, la rendre plus émotionnelle. Notre but est que le passage du online au offline se fasse naturellement, car de plus en plus, la transaction se fera en ligne. Cette meilleure connaissance des consommateurs nous permet de fusionner nos programmes de fidélité online et offline et d’améliorer le service.

lundi 11 janvier 2016

L'offensive de la presse chinoise en soutien des vins nationaux

 Des vins de la province du Ningxia - Photo Sohu

     D’ici 2027, la Chine devrait être le premier pays consommateur de vin, selon le groupe Coface. Cet engouement est encouragé par le gouvernement chinois, dans le cadre de son plan quinqluennal 2016-2020 promouvant une élévation du niveau de vie et une consommation plus qualitative.  Les médias chinois publient chaque jour une multitude d’articles consacrés au vin. Dans un contexte  de lutte anti-corruption et de frugalité imposée, les articles s’intéressant aux vins fins – principalement français - se font plus rares, car les projecteurs se sont déplacés. Le quotidien du sud  Nanfang Daily observe que de janvier à août 2015, le volume des  importations de vin a augmenté de 42,1%, principalement du fait de l’afflux de vins milieu et bas de gamme australiens, chiliens et néozélandais qui viennent de bénéficier d’un accord de libre-échange les exonérant de taxes, et peuvent ainsi « attaquer frontalement les vins chinois ». 


La presse étatique s’emploie à défendre les vins nationaux. Le média gouvernemental en ligne China.com.cn a couvert le « forum pour l’évaluation des vins chinois » tenu le 26 novembre à Pékin, au cours duquel étaient notées les productions des géants chinois du vin parmi lesquels les groupes Changyu, Niya, Tonghua, et les marques Great Wall, Grand Dragon. Il annonce en titre « les vins chinois sont du même niveau que les vins importés et sont déjà entrés dans la compétition internationale ». De son côté, le Quotidien du peuple relate l’événement et parle du « style unique et des particularités des vins chinois » et de l’émergence de neuf grandes régions de production chinoises.